HISTOIRE DE LA CONGREGATION
LA FONDATION (1816 - 1822)
Le 4 novembre 1816, le P. Gaspard prit possession de la maison des Stigmates, donnée par l'Abbé Galvani, avec ses premiers compagnons, qui étaient le P. Jean-Marie Marani, son ancien disciple de Saint Paul au Champ de Mars, et M. Paul Zanoli, chargé des fonctions de secrétaire, économe, cuisinier..., sans rien connaître de tout cela. Le 13 du même mois, on commença l'école. Et le P. Michel Gramégo vint d’abord donner un coup de main et s'installa aussi dans la maison le 4 décembre. Le 1er janvier 1817, Le P. Matthieu Farinati, lui aussi ancien collaborateur du P. Gaspard dans les Oratoires, s'associa au petit groupe, suivi par le P. Gaétan Brugnoli le 11 Octobre. La petite communauté grandissait petit à petit, et le P. Gaspard commença tout de suite à la diriger "selon la coutume des religieux" - écrit le P. Marani - "mais selon une parfaite observance et une tout aussi exemplaire vie commune, selon le désir de nous tous".
La nouvelle œuvre connut l'hostilité et les persécutions du monde, les rumeurs malveillantes et les calomnies ; parmi ses ennemis, il y avait aussi des prêtres. Mais l'Evêque, Monseigneur Liruti, qui connaissait depuis longtemps le P. Gaspard, était son défenseur et, un jour, accompagné par quelques-uns de ces détracteurs, il rendit visite aux Stigmates : il en resta ému et étonné et il confirma sa protection et sa bénédiction pour cette nouvelle communauté.
En 1817, le Vicaire épiscopal, Mgr Dénis, demanda au P. Gaspard d’envoyer un de ses prêtres assister les pestiférés de typhus dans les prisons de la ville. Tous désiraient cette tâche, qui fut en fait confiée au P. Matthieu Farinati. Il s'y dévoua si généreusement, qu'il tomba lui-même malade et retourné à son village dans l'espoir d'une plus facile guérison, il y mourut le 17 septembre 1820. Tout juste après que le P. Bertoni lui eut rendu visite. Entre-temps nos Pères avaient eu la grande joie d'accueillir parmi eux le jeune prêtre Louis Bragato, le favori du P. Gaspard, son fils et disciple très cher depuis le jeune âge : mais celui-ci ne put rester à cause de sa mauvaise santé et dut retourner chez lui le 14 juin 1819.
Pendant ces années, la principale occupation de nos pères était l'école. Ils avaient commencé avec le deuxième et troisième cours primaire : ensuite ils ont ajouté les classes du secondaire, au fur et à mesure que le nombre des enseignants augmentait. Pour avoir l'autorisation officielle pour enseigner en 1821. Les Pères Bertoni, Marani, Gramego et Brugnoli présentèrent à l'école Municipale pour faire l'examen et ils reçurent le certificat pour l'enseignement des classes de la Grammaire, et le P. Gaspard pour le niveau supérieur de l'Humanité. Leur préparation et leur méthode d’enseignement obtenaient des résultats si heureux, que le P. Louis Trevisani, directeur des études, voulut l'adopter aussi pour le Séminaire : les élèves des Stigmates en effet étaient toujours parmi les meilleurs aux examens publics.
Il faut souligner que nos Pères ne s’occupaient pas seulement de l’instruction des leurs élèves, mais aussi de leur éducation morale et chrétienne, comme nous le savons par la vie du P. Gaspard. Très tôt, ils instituèrent un oratoire de Marie pour les élèves qui se réunissaient pour prier dans la chapelle de l’immaculée Conception, adjacente à l’Eglise des Stigmates, qui n’était pas encore restaurée et ouverte aux fidèles.
Aussi, ne faut-il pas penser que l'école absorbait toute l'activité des Pères. En effet, dès la première année - écrit le P. Marani « en plus de 1’ école, les Pères se sont engagés, pendant leurs heures libres et les jours de congé et de fête, et encore davantage pendant les grandes vacances, pour le catéchisme dans les paroisses où ils étaient sollicités, et surtout dans l'écoute inlassable des confessions d'enfants et d'hommes, où il y avait beaucoup à taire, car la position en marge de la ville des Stigmates et la grande disponibilité des confesseurs, de jour comme de nuit, attiraient tous ceux qui désiraient apaiser leur conscience en toute tranquillité. Les Curés d'ailleurs en profitaient pour envoyer aux Stigmates les pénitents qui vivaient des situations embrouillées ou avaient besoin d'une confession générale ».
Par conséquent, il est normal que nos Pères, qui étaient si zélés, aient voulu réaffecter au culte, dès que possible, l'église des Stigmates. L'œuvre de restauration commença par la toiture et les vitraux, aux frais du propriétaire, l'Abbé Galvani, puis tout le reste suivit petit à petit. Les travaux furent importants défection totale de la façade, renforcement des murs ; à l’intérieur, construction du maître-autel, qui manquait, au-dessus duquel le P. Gaspard plaça expressément le retable du mariage, devant le grand-prêtre, des Saints Epoux Marie et Joseph. Réfection encore des autels latéraux et du dallage par des pierres de qualité ; enfin réfection de la voûte. L’historien Sommacampagna écrivait alors : « On peut affirmer que l'église des Stigmates a été reconstruite et très bien embellie ».
C'est le 3 octobre 1822, que l'église a été ouverte de nouveau au public, après une très longue période de fermeture. « Et moi, misérable pécheur - écrivait le Père Gramego - y ai célébré, le premier, la Messe au maître-autel, dédié aux Saints Epoux ! »
(c) Congrégation des Sacrés Stigmates de Côte d'Ivoire, 2020.